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Date de diffusion : 22/06/2001
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La CRE a émis un avis négatif sur le
tarif de reprise de l'électricité d'origine éolienne
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La Commission de Régulation de l'Electricité
(CRE) a émis un avis
négatif, le 5 juin 2001, sur le tarif de reprise de
l'électricité d'origine éolienne.
La CRE considère que le tarif proposé
entraîne des rentes indues aux producteurs éoliens qui se
traduiront par une augmentation significative des prix de
l'électricité en France, et représente un moyen exagérément
coûteux pour la collectivité d'atteindre l'objectif de
développement de la filière que s'est fixé le gouvernement.
Les pouvoirs publics ont annoncé que l'énergie
éolienne serait rachetée à un prix de 55 centimes/kWh pendant
les cinq premières années, et, en moyenne, de 48 centimes/kWh
pendant 15 ans. Le droit applicable prévoit que les conditions
d'achat doivent prendre en compte les coûts évités aux
acheteurs, ainsi que la contribution aux objectifs suivants :
l'indépendance et la sécurité d'approvisionnement, la qualité
de l'air, la lutte contre l'effet de serre, la gestion
optimale et le développement des ressources nationales, la
maîtrise de la demande d'énergie, la compétitivité de
l'activité économique, la maîtrise des choix technologiques
d'avenir et l'utilisation rationnelle de l'énergie.
La
CRE a retenu une estimation raisonnable des bénéfices attendus
du développement de la filière éolienne au regard de ces
éléments. Sur ces fondements, la CRE considère que le prix
proposé pour la reprise de l'électricité est significativement
trop élevé, même en prenant un cycle combiné au gaz comme
référence, et en ne tenant que partiellement compte du
caractère aléatoire de la production éolienne. Ce montant est,
par ailleurs, largement supérieur aux coûts réels de la
filière éolienne constatés en France et dans d'autres pays,
européens ou d'Amérique du Nord (les appels d'offres menés ces
dernières années ont révélé des prix de l'ordre de 30 à 35
centimes/kWh).
L'obligation d'achat sera financée par
tous les consommateurs d'électricité. Si un programme de 10
000 MW est réalisé, l'augmentation du prix de chaque kWh
pourra atteindre 3% pour les particuliers et 15% pour les
industriels. Ce surcoût aurait pu être diminué d'environ un
tiers avec des prix de reprise plus conformes aux prix actuels
du marché des éoliennes. Dans son avis, accessible sur
www.cre.fr, la CRE observe que le tarif proposé par le
gouvernement conduit à des rentabilités internes garanties
pouvant dépasser souvent 20% après impôt pour les exploitants
d'éoliennes, qui peuvent, de plus, bénéficier de subventions
des collectivités locales.
Pour atteindre les
objectifs de développement éolien que le gouvernement s'est
fixé, la CRE recommande le recours aux appels d'offre, qui
révèlent les prix réels et permettent d'ajuster l'implantation
et le volume de la production, tout en évitant de créer des
rentes injustifiées. La CRE rappelle également que ce
dispositif doit être conforme à la réglementation
communautaire des aides d'Etat et, à ce titre, être notifié à
la Commission européenne préalablement à son entrée en
vigueur.
Créée le 24 mars 2000, la CRE a pour
principale mission de veiller au fonctionnement régulier du
marché de l'électricité dans l'intérêt des consommateurs et à
l'absence de toute discrimination, subvention croisée ou
entrave à la concurrence. A ce titre, elle assure un accès
équitable et transparent aux réseaux de transport et de
distribution
d'électricité.
Contact presse :
Christophe Feuillet (Chef du Service
Communication) Tel : 01.44.50.41.77 - Fax :
01.44.50.41.11 - christophe.feuillet@cre.fr
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